Jeudi 18 février 2010 4 18 /02 /Fév /2010 09:10

DVD Loisirs : Des profs heureux?DVD

"Des profs heureux". C'était le titre retenu par Alexandra et Philippe, journalistes en free lance, qui  devaient réaliser pour France 3,un documentaire: j'ai tenu au point d'interrogation , qui figure à l'affiche ! 
 Ils m'ont  proposé en 2004 de nous suivre, mes élèves et moi, pendant 4 mois dans ce lycée  qui est le mien, lycée de Centre Ville plutôt bon chic bon genre, entre bourgeoisie et tourisme! mais ne nous y trompons pas, beaucoup de jeunes viennent des classes plus que moyennes et un petit nombre d'entre eux sont issus de familles dans la précarité.

"J'habite" ces lieux depuis 1986, et j'ai lancé plusieurs fois  comme boutades, que j'écrirai mes mémoires quand "bien vieille au soir à la chandelle."...ou encore,  un scénario de théâtre à faire jouer par les élèves de l'atelier, et des collègues volontaires...sur tout ce que j'ai pu glâner sur le tas, conseils de classe border line, perles d'élèves, réflexions désabusées de collègues devant la machine à café comme à la télé , mes colères froides, lorque j'ai proposé à une élève de mauvaise volonté,  de fumer son bouquin de Montaigne , si elle ne le lisait pas, car moins mauvais pour la santé,  etc...
 
Chère Alexandra,  qui m'as suivie en 2004 dans les couloirs, dans les salles ( obscures?) avec la caméra de Philippe, et qui me voyais " prof heureuse", Denis et Michel, , compagnons de Sicile pour enseigner l'archéologie du futur à ces chères têtes blondes, Pascale qui m'as un jour demandé d'améliorer le style de sa thèse de médecine,  Stéphane arpenteur des planches du petit Théâtre que nous avons fabriqué dans ce lycée , Patrice, mon premier élève de quatrième lorsque , à 21 ans, j'ai débarqué dans le métier avec ma "4 L" rouge, mon camping gaz et mon duvet...(maintenant l'élève a dépassé le maître...),  Françoise mon aixoise qui m'a offert généreusement ses cours au coeur de la Vendée profonde, et tous ces profs plus ou moins heureux, élèves plus ou moins connectés, amis, je vous rends ici un petit hommage.

J'ai déjà rempli un carnet de notes sur l'école que je voulais petit manifeste de "mon école", pour avoir tant rêvé à des alternatives, des autogestions et autres émancipations du même tabac ! mais oeuvré pour, quand même ! beau métier !

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Par Cocotte - Publié dans : AGENDA
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Mardi 19 janvier 2010 2 19 /01 /Jan /2010 14:47

Des profs heureux ?


 


Description :

"De plus en plus de professeurs s'essoufflent devant des classes d'adolescents démotivés, perdus, parfois violents."
Le DVD est actuellement  édité et en vente.

Montage du film dans le studio : fragments sur écrans de leur reportage sur l'école...



Alexandra et Philip :  Tandem image production
tandemimage@wanadoo.fr
"Des profs heureux?" DVD , tandem production.


Par Cocotte - Publié dans : AGENDA
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Mardi 5 janvier 2010 2 05 /01 /Jan /2010 18:52

Erasme a écrit en latin,à Venise, trois mille Adages savoureux sous le titre de "Chiliades Adagiorum". Les publications s'étalent entre l’édition de Bâle de 1515 (B) et les éditions C (1517/1518), D (1520) et E (1523), avec des ajouts comme Montaigne le faisait dans ses Essais.
 
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Hans Holbein, portrait d'Erasme.

Sous l'égide de Jean-Christophe Saladin, nous sommes une bonne trentaine de traducteurs en collégialité, des "Adagiomanes", ou "Adagiophiles". Une belle expérience, un texte savant et drôle à la fois, dans l'esprit brillant de la Renaissance, une mine d'or de références sur des textes classiques de la littérature grecque et latine, Plutarque, Cicéron, Martial, Plaute, Aristophane... mais aussi des découverters étonnantes sur des auteurs mineurs aux noms évocateurs, des textes inconnus, des fragments de Timée de Taormine, des écrits d'Eustathe de Thessalonique, d'Etienne de Byzance, ou encore de Grégoire de Naziance...

On retrouve sous la plume d'Erasme la matière des fables,non seulement celles d'Esope ou de Phèdre qu'il cite , mais celles à venir de La Fontaine : lions, rats, poissons torpilles, mouches, thons défilent dans une revue naturaliste et moraliste, à la fois crue et raffinée, un pur bonheur !

Pour vous donner une idée de cette oeuvre encore inédite, mais à paraître bientôt aux Belles Lettres, voici le texte latin d'un adage de la centurie que j'ai traduite, 2401-2500, dont le texte initial s'intitule " Le rire sardonique".

On savait déjà "qu'il ne faut pas vendre la peau de l'ours ...", mais dans l'adage qui suit , le proverbe nous dit : " fumantem nasum ursi tentaveris" , il ne faut pas titiller l'ours aux narine fumantes, en quelque sorte, il ne faut pas chercher la bagarre , ou la cogne, ou les poux ...
 

III, V, 2467

Fumantem nasum ursi ne tentaveris

 

Proverbii speciem habet et illud apud Martialem* :

                     Rabido nec perditus ore

Fumantem nasum vivi tentaveris ursi.

Sit placidus licet et lambat digitoque manusque,

Si dolor et bilis, si justa coegerit ira,

Ursus erit, vacua  dentes in pelle fatiges.  

Admonet non esse tentandos, qui possint nocere. Consimili modo Synesius mordacem et nociturum ; hac parte corporis icta potissimum ursos iritari docent bestiarii. ERASME.


* traduction de la référence à Martial :
        "Et ne va pas, dans un accès de rage, l’écume aux lèvres,

Toucher les narines fumantes d’un ours bien vivant.

Qu’il soit tranquille et lèche les doigts et les mains,

Si la douleur, la bile ou une juste colère l’emportent,

Ours il sera. Émousse tes dents sur une peau vide."  

Martial, Epigrammes VI.64.27-31 , traduction Geneviève Moreau-Bucherie.


Voir aussi le forum créé par JC. Saladin : http://adagio.forumactif.net/  

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cocotte érudite !
Par Cocotte - Publié dans : Ma bibliothèque
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Dimanche 1 novembre 2009 7 01 /11 /Nov /2009 17:11


 Mais où se trouve dans notre temps humain, l'heure qui navigue, entre l'été et l'hiver, l'heure des sirènes ?




La vingt cinquième heure

 

 

  

Le phénomène ne se produit qu’une fois par an, fin octobre, au plus tard début novembre. Quand la saison bascule. Il fait plus frais. Les jours sont plus courts. Certains matins le marais est couvert de brume. La date change mais c’est toujours un dimanche, dans la nuit du samedi au dimanche, à deux heures.

A deux heures, cette nuit là, il est deux heures et une heure plus tard, contre toute logique, il est toujours deux heures. Les autorités daignent enfin restituer l’heure qu’ils nous ont confisquée, six mois plus tôt, comme tous les ans, pour de si lointaines raisons qu’elles finissent elles-mêmes par en douter. Mais les autorités ne changent pas de décision à la légère. Alors chaque semestre depuis des décennies, en avril puis octobre, on bouscule l’ordre des horloges.

Autant, au printemps, la mesure agace, autant elle réjouit à l’automne, quand le jour commence à manquer. La matinée parait immense, on traîne au lit. On ignore qu’au cœur de la nuit, quand tout ou presque est endormi, quand l’activité cesse, quand la fatigue l’emporte, quand le silence s’impose, au moment précis où l’instant se fige, les sirènes, qui vivent hors du temps, sortent de leur sommeil.

Elles chantent. Elles chantent et au large les bateaux s’arrêtent, les phares ne tournent plus, les vagues se figent. Elles chantent et le vent se pose. Les étoiles écoutent. Elles chantent et, conjuguant leurs voix, toutes les divas du monde ne produiraient air plus troublant. Elles chantent dans le port, à Copenhague, sur la place de Navarre, à Huesca, le long du Mississipi, au phare d’Ouistreham, et tout près de chez nous, à La Rochelle, une sirène chante sous la falaise.

On peut voir son visage, le jour, et même la nuit, quand la mer est basse et la lune haute. Il faut descendre les marches en ciment de l’escalier du parc des Pères, aux Minimes, prendre à droite et longer la mer. De bonnes chaussures et une lampe de poche peuvent être utiles. La sirène est là, souriante, les cheveux au vent, le regard lointain.

Ici vers midi, lors des grandes marées, des centaines de pêcheurs, par familles entières, munis de seaux et de grattoirs, descendent sur l’estran chercher des palourdes. La sirène des Minimes se tient plus haut, au pied des falaises et sur un rocher où personne n’y prête attention. C’est là que secrètement elle attend l’heure pendant laquelle une fois par an le temps s'immobilise, pour donner son chant fabuleux.

Ceux qui ne dorment pas, la nuit, l’ont entendue. A deux heures. Ici ou ailleurs. Celle-ci ou une autre. Ensuite, les sirènes s’arrêtent. Un jour, quand dans son infatigable traversée de l’univers, la Terre aura enfin trouvé l’astre qui l’aime, elles ne se tairont plus.


Bernard Ruhaud 

 

 

Pour le Journal de la Sirène, publié dans son numéro 22 
   et dans
La première année j’ai appris l’anglais

(Éditions A&T – La Rochelle 2007)

 Figure de Proue. 

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Mardi 20 octobre 2009 2 20 /10 /Oct /2009 17:49

Denis Montebello
envoyé par Centredulivre. -

Un parcours initiatique jalonné de fossiles et de macarons à travers grotte et forêt à Saint-Romans, des feuilles et des pages...
Par Cocotte - Publié dans : mes amis auteurs ont écrit ...
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