Dimanche 1 novembre 2009


 Mais où se trouve dans notre temps humain, l'heure qui navigue, entre l'été et l'hiver, l'heure des sirènes ?




La vingt cinquième heure

 

 

  

Le phénomène ne se produit qu’une fois par an, fin octobre, au plus tard début novembre. Quand la saison bascule. Il fait plus frais. Les jours sont plus courts. Certains matins le marais est couvert de brume. La date change mais c’est toujours un dimanche, dans la nuit du samedi au dimanche, à deux heures.

A deux heures, cette nuit là, il est deux heures et une heure plus tard, contre toute logique, il est toujours deux heures. Les autorités daignent enfin restituer l’heure qu’ils nous ont confisquée, six mois plus tôt, comme tous les ans, pour de si lointaines raisons qu’elles finissent elles-mêmes par en douter. Mais les autorités ne changent pas de décision à la légère. Alors chaque semestre depuis des décennies, en avril puis octobre, on bouscule l’ordre des horloges.

Autant, au printemps, la mesure agace, autant elle réjouit à l’automne, quand le jour commence à manquer. La matinée parait immense, on traîne au lit. On ignore qu’au cœur de la nuit, quand tout ou presque est endormi, quand l’activité cesse, quand la fatigue l’emporte, quand le silence s’impose, au moment précis où l’instant se fige, les sirènes, qui vivent hors du temps, sortent de leur sommeil.

Elles chantent. Elles chantent et au large les bateaux s’arrêtent, les phares ne tournent plus, les vagues se figent. Elles chantent et le vent se pose. Les étoiles écoutent. Elles chantent et, conjuguant leurs voix, toutes les divas du monde ne produiraient air plus troublant. Elles chantent dans le port, à Copenhague, sur la place de Navarre, à Huesca, le long du Mississipi, au phare d’Ouistreham, et tout près de chez nous, à La Rochelle, une sirène chante sous la falaise.

On peut voir son visage, le jour, et même la nuit, quand la mer est basse et la lune haute. Il faut descendre les marches en ciment de l’escalier du parc des Pères, aux Minimes, prendre à droite et longer la mer. De bonnes chaussures et une lampe de poche peuvent être utiles. La sirène est là, souriante, les cheveux au vent, le regard lointain.

Ici vers midi, lors des grandes marées, des centaines de pêcheurs, par familles entières, munis de seaux et de grattoirs, descendent sur l’estran chercher des palourdes. La sirène des Minimes se tient plus haut, au pied des falaises et sur un rocher où personne n’y prête attention. C’est là que secrètement elle attend l’heure pendant laquelle une fois par an le temps s'immobilise, pour donner son chant fabuleux.

Ceux qui ne dorment pas, la nuit, l’ont entendue. A deux heures. Ici ou ailleurs. Celle-ci ou une autre. Ensuite, les sirènes s’arrêtent. Un jour, quand dans son infatigable traversée de l’univers, la Terre aura enfin trouvé l’astre qui l’aime, elles ne se tairont plus.


Bernard Ruhaud 

 

 

Pour le Journal de la Sirène, publié dans son numéro 22 
   et dans
La première année j’ai appris l’anglais

(Éditions A&T – La Rochelle 2007)

 

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Mardi 20 octobre 2009


"Ericbessonnait.".. ça se conjugue et  c'est François Morel qui vous parle..." Dis pépère, c'était quoi résistant?"
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Mardi 20 octobre 2009

Denis Montebello
envoyé par Centredulivre. -

Un parcours initiatique jalonné de fossiles et de macarons à travers grotte et forêt à Saint-Romans, des feuilles et des pages...
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Samedi 17 octobre 2009


Sistema Operativo: http://www.youtube.com/watch?v=PG1yVNb2Lho

De l'humour intelligent, l'ordinateur et le livre , mode d'emploi ! Et la traduction en commentaires sur ce blog pour les non hispanisants serait la bienvenue. Merci .
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Samedi 17 octobre 2009


"Omnia sunt communia " ? Rappel d'un âge d'or révolu, et du "Tout est à tous " ?...
Un tag, ou un graffiti  sur le mur du Baptistère Saint-Jean, détourné mais " syntaxiquement correct "!  Ils n'ont pas perdu leur latin, les cagoulés masqués de Poitiers !
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Jeudi 8 octobre 2009

Mosaïques de Ravennes, été 2009.
Par Cocotte
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Mardi 6 octobre 2009



"Chantier Naval
"est une pièce écrite par Jean-Paul Quéinnec et mise en scène par Claudie Landy, au théâtre "Toujours à l'Horizon".
Ce qui unit fortement ces artistes, c'est aussi la proximité dans l'espace, du texte et du lieu de jeu à La Pallice. Jean-Paul le Quéinnec vit au Québec mais il est né à La Rochelle et a vécu dans ce quartier de La Pallice, cadre de sa pièce qui résonne de noms de lieux bien connus de nous...


"...Comme j’aime beaucoup ce

qui est inconnu (l’étant d’ailleurs complètement moi-même), je

découvre d’abord un titre Chantier naval, puis des noms de rues ou

de lieux, Thomas Paine... Laleu des beloux... c’est juste à côté du

théâtre.... puis des personnages, tata Guiguite, André, Ma

cousine,... C’est ainsi que Jean-Paul Quéinnec arriva dans ma

corbeille... C’est comme s’il avait jeté une bouteille à la mer de

l’autre côté de l’océan."

- Claudie-Catherine Landy -

Nous avons profité de l'aubaine et entraîné avec nous les lycéens de notre Atelier, au centre Inter-Mondes de La Rochelle. Rires et Chuchotements ! voilà bien ce qui résume l'expérience d'hier soir ! Partage des voix,  celle de Jean-Paul Quéinnec, dans une lecture endiablée et pêchue, drôle, théâtrale de ses amis auteurs Québécois... et celles murmurées à l'oreille des assistants, des jeunes acteurs de l'Atelier. Des bribes de la pièce "Chantier Naval" ont ainsi résonné doucement et intimement dans le silence et la pénombre de la salle.Un instant de bonheur unique et magique !



Quant à lui, l'auteur le voici "résumé" en, quelques dates:

1967 : Naissance à La Rochelle

2001 : 17. Laleu des belous reçoit l’aide à l’écriture du Ministère de la Culture

2002 : La Mi-temps obtient l’aide à la création du Ministère de la Culture.

Réalisation de Mi-temps / vidéo.

2003 : Création de La Mi-temps au théâtre des Bernardines

(mise en scène Antoine Caubet).

2004 : La Mi-temps est éditée aux Solitaires Intempestifs.

Mise en scène de Les Tigres Maritimes au festival Frictions à Dijon.

Collaboration à la dramaturgie sur Héroes, CDN Angers.

Réalisation de Wired Festival et Un air de majorette.

2005 : Réalisation de L’Entente (il obtient l’aide du GREC).

2006 : Réalisation de Retué pour Frictions.

2007 : Nomination en tant que professeur de théâtre à l'université du Québec à

Chicoutimi.



Et
  l'argument de sa pièce par lui-même ...

 

 

Au moins deux générations de chaudronniers, riveurs, soudeurs, tuyauteurs, chanfreineurs m’ont parlé une langue faite de gestes, de noms d’outils, d’ateliers, de bateaux, de fêtes de lancement et d’accidents. Tous les hommes de la famille ont travaillé aux chantiers navals Delmas de La Pallice à La Rochelle. Dans les années 70-80, plus de 5000 personnes ont perdu "leur place". Même si j’ai vu les oncles, mon père, les grands-pères faire autrement, beaucoup d’ouvriers maritimes du chantier n’ont paspu prendre le virage.

Je ne sais pas tout de cette histoire. La fermeture du chantier ne s’est guère racontée. Cette vue réelle et incomplète est un angle qui stimule l’écriture. Je n’ai jamais autant travaillé le document (des géographies, des faits et des gens) et pourtant, je n’ai jamais autant imaginé. J’ai voulu ancrer très fort

mes repères et en même temps, provoquer de l’accident. Joindre le document et l’accident c’est écrire une histoire connue et incongrue.

Celle de la disparition d’une communauté ouvrière, et aussi celle d’un nouveau départ.

En perçant la coque au chalumeau de leur dernier bateau, les derniers chaudronniers du chantier font naufrage mais ouvrent une voie (d’eau) pour les autres membres restant. C’est alors pour Ma Cousine, Tata Guiguite, Jacques et Nine, un voyage vers le grand large, à six mille kilomètres au nord

nord ouest, vers un pays de neige tout blanc pour peut-être, s’écrire autrement.

— Jean-Paul Quéinnec —

  La Cocotte enchantée...

Théâtre "Toujours à l'Horizon", Chaussée Nord de La Pallice. 17000 La Rochelle
Spectacles du 6 au 10 Octobre 2009 à 20h30, et dimanche 11 Octobre à 17 heures. Réservations au 05 46 42 05 58.
A La Coursive, à La Rochelle: mercredi 17 et jeudi 18 Mars 2010, au théâtre Verdière.

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Samedi 26 septembre 2009

Par les temps qui courent , pas toujours favorables aux Antiques, voici ce que j'ai trouvé sur un blog visiteur, ceci pour compléter l'article , un peu plus bas, d'une "cocotte déchaînée" doublée d'une "chouette fumace", celle d'Athéna bien entendu !

On connaissait Athéna Niké (la victorieuse), dont l’élégant petit temple orne l’entrée de l’Acropole d’Athènes. Mais qui se 180px-amadis-spanish-1533.1198511097.jpgrappelle la princesse Niquée, opportunément exhumée par un
blog ami à l’occasion de la visite présidentielle au Vatican ? Cette héroïne de l’Amadis de Gaule (roman si cher au cœur de don Quichotte) est restée dans la littérature pour avoir atteint le nirvana, d’où le proverbe “être dans la gloire de Niquée” très usité aux XVII et XVIIIes siècles, selon le Littré, où il faut voir l’expression du bonheur parfait : “Vous voilà donc, mon cher enfant, dans votre gloire de Niquée.” (Voltaire, lettre à d’Arnaud). Tout le monde aura remarqué l’importance majeure de la majuscule : il y a dans l’emploi judicieux ou désordonné de cet ornement typographique toute la différence entre la béatitude et la perdition.



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Mardi 22 septembre 2009
En grèce il faut avoir l'oeil aiguisé, mais le pays m'a à l'oeil, le bon oeil bien sûr, le bleu, qui porte bonheur dans les amulettes... Et l'appareil photo lui aussi, il a l'oeil !
Alors ça donne d'étonnantes images, pleines à ras bord de tout,toujours contrastées,insolites, des icônes coloriées, des boîtes à chaussures qui saturent l'étalage, des marchés qui débordent d'épices, des cafés envahis de chats endormis, des petites nappes à carreaux bleu et blanc, des camions de déménagements décorés à l'antique, des popes, des sacrifices de chèvre sur la montagne pour la fête du soir, pas la fête pour la chèvre , enfin...C'est le pays de tous les enchantements, avec une lumière particulière, la lumière orange des enfants du Pirée, on y respire un drôle d'air antique mais bien terrestre, et je suis tellement sous le charme que je ne peux plus m'en passer...
Cocotte enchaînée !!!

 CORFOU :
 la tôle bleue du bateau et ses ombres projetées, un avant goût de  voyage au pays des mythes grecs.

 DIAKOFTO : le pope croise lors de la fête de la Sardine, la rutilante femme du maire. Il passe outre...

 Un véritable sacrifice de sardines ! la fumée c'est pour les dieux de l'Olympe !
 Une autre fête  et un autre sarcrifice, dans la montagne du Péloponèse, à la tombée de la nuit. Homérique !

Iconostase sur le bord de la route
 L'épicerie du coin à Elaiona.

 La devanture d'un cordonnierdans un village au fin fond du Péloponèse.

 
 Des agneaux fraîchement débarqués au resto d'à-côté ! La chaîne du froid en Grèce, c'est pas une affaire d'état !

 
Aigiôn : intérieur d'une quinquaillerie.

 Une affiche de théâtre: "Songe d'une nuit dété" de ΣΑΙΞΠΗΡ, Shakespeare si vous lisez bien !
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Mardi 22 septembre 2009





Vade retro, Ovidius Darcos !

  Par le saint  sacrement, que le tocsin sonne la volée ! Les intégristes lefebvristes en soutane de la Fraternité Saint-Pie-X ont débusqué le mal dans le programme de latin des classes terminales pour les épreuves du bac 2010 et 2011 : il s’agit de « L’art d’aimer » d’Ovide, écrit il y a plus de mille ans …

Un « programme de latin et de luxure », s’emporte l’abbé de Cocqueray, supérieur de l’ordre pour la France, qui appelle à envoyer des pétitions Rue de Grenelle : «  L’auteur promeut la multiplication des partenaires et réduit la femme à l‘état de proie. »

Que de concupiscence monsieur l’abbé !

  Son compère l’abbé Duverger se déchaîne dans le dernier bulletin de l’Association de défense de l’école catholique, en stigmatisant cette « corruption organisée ». Avec un argument massue : «  cet opuscule fit scandale à sa sortie dans la bonne société romaine ».

  Or rien n’a bien sûr changé sous le soleil depuis deux millénaires ! Puis cet autre argument gourdin : « ce texte sans grande valeur littéraire (ce n’est pas l’avis des spécialistes) est tout à fait licencieux. » Et de dénoncer : «  ceux qui ont choisi ce texte veulent entretenir et développer l’immoralité dans la jeunesse, pervertir les adolescents etc.… »

  Un reproche vieux de deux mille cinq cents ans cette fois : c’est sous l’accusation d’avoir « corrompu la jeunesse » d’Athènes que Socrate fut condamné à boire la cigüe…Or derrière «  ceux qui ont choisi ce texte », c’est Xavier Darcos qui se retrouve visé : l’ex-ministre de l’Éducation nationale a sans doute inspiré le choix du programme ! Darcos a consacré à l’auteur latin son doctorat d’Etat soutenu en 1995, dont il vient de tirer un savant bouquin , « Ovide et la mort » (PUF, 2009).

Il pourrait peut-être donner quelques cours de rattrapage à ces ânes lefebvristes…

D.F. Article du Canard Enchaîné / 16 Septembre 2009. et agréé par cocotte libérée! !

 

 

Par Cocotte - Publié dans : AGENDA
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