Empereur pendant un an et huit mois seulement, Julien dit l'Apostat (332 – 363) figure
sur la liste des persécuteurs de l'Église, un cas unique dans l'histoire des empereurs de l’Antiquité tardive. Fils autoproclamé d’Hélios, vouant aux anciens dieux ainsi qu’à la philosophie grecque
une adoration sans borne, il tente de mener son empire en suivant la raison éclairée et le courage conquérant de ses deux grands modèles Marc Aurèle et Alexandre le Grand. Il est l’un des rares empereurs à avoir jalonné son expérience du pouvoir de traités
théologiques et philosophiques écrits au beau milieu de la tourmente. Il nous est également parvenu assez de lettres pour que se dresse un étonnant témoignage de la fonction même de maître d’un
empire immense et peu uni à l’aube des grandes invasions. Ammien Marcellin, Grégoire de Nazianze, Libanios, Zosime, et Mamertin nous racontent. Textes réunis et présentés par Paméla Ramos.
Paméla Ramos est responsable de la librairie Guillaume Budé spécialisée dans l’Antiquité. Elle a
précédemment publié La véritable Histoire de Marc Aurèle, en 2009.
A propos de "culture" avec ou sans confiture , un extrait de la pièce de Gabor Rassov " Les Amis du placard", eodem tabaci !
Odile : Alors Juliette, as-tu lu le dernier roman de "..." ? Formidable ! Passionnant ! Effrayant parfois, non ? Mais tellement fin tellement intelligent! il a tant d'esprit, il
s'élève presque au niveau d'un "..." ou d'un "...", deux auteurs que j'adore par-dessus tout !
Jacques: Excuse-moi ma chérie, mais je ne comprends rien à ce que tu dis, il manque les noms propres dans tes phrases. Le dernier roman de "...", il s'élève presque'au niveau
d'un ".." ou d'un "...", ça ne veut rien dire.
Odile : Ah bon ! pourtant ce sont des phrases que j'ai apprises par coeur au cours de conversation, je croyais les avoir bien placées!
Jacques : Seulement, il faut remplacer les pointillés par des noms d'auteurs, sinon ça n'a aucun sens.
Odile: si tu le dis, je veux bien te croire, tu es tellement intelligent; mais quels noms ?
Jacques : Je ne sais pas, euh.... La Fontaine, par exemple...
Odile : Oh oui , La Fontaine, j'adore, OK, je reprends...As-tu lu le dernier roman de La Fontaine ? Il a tant d'esprit, il s'élève presque au niveau d'un La Fontaine ou
d'un La Fontaine, deux auteurs que j'adore par-dessus tout !
Jacques : Mais non, ça va pas non plus, il faut des noms différents!
Odile : Ce que c'est compliqué !
Jacques : Enfin quand même, citer trois noms d'auteurs, c'est pas la fin du monde; Il y a toute une tripotée de types qui ont écrit des bouquins! L'autre jour à la Fnac, en
passant du rayon " Télé à écran immense" au rayon "Jeux vidéo à la con", je suis tombé sur les livres, vous auriez vu les piles !...Bon, des auteurs...On a déjà dit La Fontaine, ben je ne sais
pas moi, Agatha Christie ! Pierre Bellemare...
Odile : D'accord, d'accord ! As-tu lu le dernier roman de La Fontaine ? il a tant d'esprit, il s'élève presque au niveau d'un Agatha Christie ou d'un Pierre Bellemare, deux
auteurs que j'adore par-dessus tout...( A Juliette et à Guy)
Excusez-moi, cest un peu laborieux, mais je débute en conversation...
Juliette : Bien sûr, c'est tout à fait normal!
Odile : Bon, bon, tant mieux alors.
Juliette: oui, tant mieux ( premier silence) En tout cas, quel auteur ce La Fontaine, magnifique !
Guy : Oh! oui, tout à fait... Tout à fait ( deuxième silence) Pierre Bellemare aussi ! magnifique !
Jacques : Pas mal, mais tout de même moins bon que La Fontaine, non ?
Guy: Si, si, tu as raison: bien, mais pas au niveau de La Fontaine...
Il faut être culotté pour ouvrir un lieu rénové, historique certes mais ouvert sur l'avenir, sur les missions d'un vrai théâtre populaire pour demain par un puissant mélodrame sur l'échec.
Social, politique et amoureux. Mais Christian Schiaretti est culotté. Il l'a prouvé au long d'un parcours au service constant du grand répertoire, antique, classique, baroque ou contemporain,
français ou européen. Rien ne fait peur à ce rebelle à contre-courant des mises en scène d'aujourd'hui, nourries d'images spectaculaires, de décors sophistiqués, d'éclairages ténébreux et
d'écrans vidéo immenses. Son spectaculaire à lui, c'est le plateau nu hérité de Copeau et Vilar, sur lequel flamboient pleins feux des comédiens rompus à la technique d'une diction trop souvent
oubliée. Schiaretti aime la visibilité, mettre les mots en pleine lumière pour mieux les faire partager tout en en révélant les infinies complexités, les impuissances comme les fulgurances. Il
croit aux pouvoirs du verbe. Tel Victor Hugo (1802-1885), dont il monte Ruy Blas (1838). Qui d'autre que Schiaretti le transmetteur aurait osé s'attaquer - après Antoine Vitez - à ce
tonitruant lyrisme théâtral, à l'époque déjà mal aimé, mal accepté et qui suscita la bataille d'Hernani que l'on sait (1830) ? La pièce est romantique à la diable, souvent naïve, parfois
ridicule, et forcément sublime dans son impureté même, son dépassement assumé du grotesque par l'héroïsme, le sacrifice. Sans promesse de rédemption.
Il est sans espérance ce mélodrame crépusculaire qui se termine pourtant sur un pathétique « Merci ! » du héros agonisant. « Merci ! » d'autant plus poignant que, dans le
spectacle de Schiaretti, on voit fuir lâchement devant son cadavre cette reine d'Espagne tant aimée. Certes, la belle a ses raisons : elle vient d'être victime d'un complot dont Ruy Blas fut
l'instrument consentant, prêt à saisir la moindre occasion de s'approcher d'elle, lui le « ver de terre », de cette « étoile ». Don Salluste, le grand d'Espagne que
sert cet ex-rebelle reconverti en domestique pour survivre, a ainsi juré de se venger d'une reine qui l'exile pour avoir engrossé sa suivante. En favorisant l'ascension de Ruy Blas à la cour,
il veut en faire l'amant de la monarque, puis montrer à tous qu'elle s'est entichée d'un valet, et la condamner, elle aussi, à l'exil. Sans connaître l'objectif de Salluste (Robin Renucci,
diaboliquement séduisant dans le rôle), Ruy Blas accepte, monte vite les marches du pouvoir, séduit aisément une reine que son roi laisse trop seule. Et la machination mortellement s'emballe...
Ce qu'y susurre Hugo ? Que les misérables, si talentueux soient-ils, n'ont guère de chance de se forger une place dans ce XVIIe siècle finissant, déjà corrompu par le pouvoir et l'argent, une
société bloquée où nul ne peut plus avancer. Message révolutionnaire que celui de cet homme de progrès, déçu que 1789 et Napoléon n'aient pas mieux libéré la France, laissée à une monarchie
bourgeoise étriquée. Les héros de Hugo sont constamment empêchés. Aucun dieu ne les sauve plus. Est-ce pour ce désespoir noir qu'ils trouvent un si mélancolique écho aujourd'hui ? Leurs
révoltes comme les nôtres tournent à vide.
Schiaretti fait rayonner le texte au plus simple, au plus fort. Dans un gigantesque espace tapissé seulement de faïences espagnoles - et où se révèlent à l'envi portes et fenêtres secrètes -,
les acteurs incarnent vaillamment cette poésie hugolienne si hybride où rire, grandiloquence, délicatesse, tristesse et grotesque se conjuguent avec frénésie. Dommage que le couple vedette
n'ait pas toujours la puissance nécessaire. Mais sous l'oeil vif et fort émouvant de deux anciens du TNP - Roland Monod, acteur de Vilar, Isabelle Sadoyan, pilier de chez Planchon -, Jérôme
Kircher fait superbement rejaillir en don César le mauvais goût et la grandeur mêlés de tout ce théâtre-là, impur et métissé, qui à l'époque fit scandale. Un mélange de culture à la fois
illégitime et légitime que nous revendiquons aujourd'hui. Hugo, décidément visionnaire sur tous les fronts...
Tous les bleus sont en Australie, le bleu du ciel délavé ou chargé de lumière, électrique, le bleu de l'Océan Indien , celui du South Océan au Sud, en face de
l'Antarctique ! des bleus turquoise, marine, des bleus roi, bleus de cobalt,
indigo ! plongez-vous dans cet album .